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dimanche 27 avril 2014

Pardon et proximité

"Le pardon, parfois, ne supporte pas la proximité".
Antoni Casas Ros, Le Théorème d'Almodóvar, Gallimard, 2008, p36

lundi 21 avril 2014

Le tyran qui est en vous

"Si vous voulez faire tomber vos chaînes, faites tomber toutes les chaînes qui vous retiennent, écrasez le tyran qui règne au plus profond de vous, tuez le tyran qui est en vous.
Cela vous étonne, je le sais. Ce n'est pas cela que vous vouliez entendre. Vous, vous aimez les tyrans du dehors, ceux contre qui on peut protester, manifester, vociférer, conspirer."
Levon Shant, L'Enchaîné, Editions L'Espace d'un Instant, p98-99, 2003.

dimanche 7 juillet 2013

If a stone hits a lake

"If a stone hits a river, the river will treat it as yet another commotion in its already tumultuous course. Nothing unusual, nothing unmanageable.
If a stone hits a lake, however, the lake will never be the same again."
Elif Shafak, The Forty Rules of Love, Penguin Books, 2011, p.1

jeudi 27 juin 2013

You have no idea how easily women can trick you

"You're so knowledgeable, darling, so clever and cultured," she said, with a tender smile, "but you have absolutely no idea how easily women can trick you."
Orhan Pamuk, The Museum of Innocence, Faber and Faber, 2009, p.17

samedi 9 mars 2013

Ce n'est que de la religion

"Il va prier, il va à la mosquée le vendredi. De quoi as-tu donc peur? Ce n'est que de la religion"
Tahmima Anam, Un Bon Musulman, Actes Sud, 2012, p.124

samedi 26 janvier 2013

Parce que et bien que

"On aime une femme d'amitié parce que, mais on l'aime d'amour bien que"
Henry de Montherlant, Pitié pour les Femmes, Gallimard, Folio, 2001, p.31

samedi 17 novembre 2012

Les idiots et l'amour

"Qu'on me dise donc, est-ce l'amour qui rend idiot ou il n'y a que les idiots qui tombent amoureux?"
"Tell me then, does love make one a fool or do only fools fall in love?"
Orhan Pamuk, My Name is Red, Vintage, 2002, p.92

lundi 15 octobre 2012

"Athlète de Dieu"

"Souffrance et solitude étaient requises pour devenir un véritable athlète de Dieu" (sur les mortifications des premiers chrétiens).
"It required suffering as well as solitude to become a true athlete of God"
Tom Holland, In the Shadow of the Sword, 2012, p.196

mercredi 3 octobre 2012

"L'autocontemplation de ses propres malheurs"

"Elle lui demandait pardon pour ce qu'elle nommait son égoïsme, un égoïsme qui se matérialisait dans l'autocontemplation de ses propres malheurs, réels ou imaginaires"
Roberto Bolaño, 2666, Gallimard, Folio, 2008, p.77

dimanche 5 août 2012

"Beyrouth nous imprégnait"

"Nous ne rentrions pas dans Beyrouth, Beyrouth nous imprégnait, doucement sauvage et soudainement triste: elle avait l'accent libanais. Elle sentait fort comme un corps dévasté et fourbu, un mort encore chaud de sa fuite, elle sentait encore le bitume et toujours la fleur d'oranger, la sueur grasse, le sang séché et le ciment qui prend, le pot d'échappement et la pisse d'âne, le tank et la guimbarde, la belle américaine et la charrette de foin, l'encens du minaret et le troupeau de chèvres noires. Une bouffée d'odeurs qui vous sonne, un uppercut!"
Jacques Weber, Des Petits Coins de Paradis, le cherche midi, 2009, p.147.

lundi 30 juillet 2012

"Vos compliments m'humilient"

"Je suis un homme libre - et j'ai besoin de ma liberté. J'ai besoin d'être seul. J'ai besoin de méditer ma honte et mon désespoir dans la retraite [...] Votre curiosité qui fourre son nez partout me fait lever le coeur. Vos compliments m'humilient. Votre thé m'empoisonne. Je ne dois rien à personne. Je veux être responsable devant Dieu seul... s'il existe!".
Henry Miller, Tropique du Cancer, Denoël, Folio, 2009, p.108.

Idées contre cadavre

"L'ombre des Invalides sourd du dôme et s'épand sur les rues sombres adjacentes au square. La Morgue de la poésie. Il est là où ils ont voulu le mettre maintenant, le grand guerrier, le dernier grand  bonhomme d'Europe! Il dort profondément dans son lit de granit. Pas de danger qu'il se retourne dans sa tombe! Les portes sont bien verrouillées; le couvercle est hermétique. Dors Napoléon! Ce n'était pas tes idées qu'ils voulaient, ce n'était que ton cadavre!"
Henry Miller, Tropique du Cancer, Denoël, Folio, 2009, p.110.

lundi 23 juillet 2012

La vie continue?

"Quand mon fils Ian est mort aux côtés de son père, à El-Alamein, les gens qui me présentaient leurs condoléances ajoutaient souvent: "La vie continue", pour me réconforter. Quelle bêtise, me disais-je. Bien sûr que non elle ne continue pas. C'est la mort qui continue. Ian est mort et il sera encore mort demain, l'année prochaine, à jamais. La mort est sans fin. Mais peut-être y aura-t-il une fin à la tristesse".
Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, Le Cercle Littéraire des Amateurs d'Epluchures de Patates, 10/18, 2011, p.166.

dimanche 15 juillet 2012

"L'histoire a disparu dans les gravats"

"Ici, tout a été reconstruit, sans nuances ni caractère, avec la seule nécessité d'être fonctionnel et rapide. Plus rien n'est beau, plus rien n'est patiné. L'histoire a disparu dans les gravats. Et finalement, cette modernité sans charme est la trace la plus horrible de la dévastation."
Laurent Gaudé, La Porte des Enfers, Actes Sud, Babel, 2011, p.109.

samedi 14 juillet 2012

"Je reviens des Enfers"

"Je bois doucement le café qui fume encore. Je n'ai pas peur. Je reviens des Enfers. Qu'y a-t-il à craindre de plus que cela? La seule chose qui puisse venir à bout de moi, ce sont mes propres cauchemars."
Laurent Gaudé, La Porte des Enfers, éditions Actes Sud, collection Babel, 2011, p.10

jeudi 12 juillet 2012

"Fossoyeur de la vérité"

"Je ressens une très grande répulsion et un profond mépris pour quelqu'un comme Bousquet, mais quand je pense à la bêtise de son assassin, à l'immensité de la perte que son geste représente pour les historiens, aux révélations qui n'auraient pas manqué lors du procès et dont il nous a irrémédiablement privés, je me sens submergé de haine. Il n'a pas tué d'innocents, c'est vrai, mais c'est un fossoyeur de la vérité. Et tout ça pour passer trois minutes à la télé! Monstrueuse, stupide excroissance warholienne! Les seuls qui auraient dû avoir un droit de regard moral sur la vie et la mort de cet homme, ce sont ses victimes, les vivants et les morts qui sont tombés dans les griffes nazies par la faute d'hommes comme lui, mais je suis sûr qu'eux le voulaient vivant. Quelle déception a dû être la leur à l'annonce de ce meurtre absurde! La société qui produit de tels comportements, de tels aliénés, me dégoûte. "Je n'aime pas les gens indifférents à la vérité", a écrit Pasternak."
Laurent Binet, HHhH, Le Livre de Poche, 2011, p.324